Jeudi 14 mars 2019, André Biaux est venu témoigner devant l’ensemble de nos élèves de Troisième. Âgé de 93 ans et pendant plus d’une heure debout, il nous a parlé de son vécu, de ses activités dans la Résistance dans l’Eure, son arrestation, sa déportation et son retour en France.

Il commence son récit à l’été 1940 : il commet ses premiers actes de résistance.  En 1942, âgé de 17 ans, il entre dans la Résistance, sous le pseudonyme « Tom » puis rejoint le mouvement « Vengeance ». Il distribuera des tracts et des journaux puis il accompagnera des aviateurs anglais à Paris pour qu’ils puissent rejoindre l’Angleterre.

Sur dénonciation d’un policier français à Evreux, il sera avec d’autres membres de son groupe, arrêté par la Gestapo le 20 mai 1944.

Il effectuera un séjour à la prison d’Evreux puis sera envoyé en Allemagne, au camp de concentration de Neuengamme. Un voyage qui dura trois jours et trois nuits dans les wagons à bestiaux dans des conditions extrêmement difficiles : la promiscuité, la faim, la soif, le sommeil, aucune condition d’hygiène et d’intimité pour soulager ses besoins naturels et la peur et l’angoisse qui tiraillent.

Au camp, les conditions de vie sont difficiles : les nuits sont courtes et bruyantes, les travaux dans les kommandos brisent les hommes, la répression est quotidienne et à tout moment.

En 1945, les Alliés arrivent et les Allemands vont évacuer le camp de concentration. Ils vont commencer une longue marche de la mort pour se rendre à Lübeck. Les déportés embarqueront sur des navires qui seront bombardés. Il y aura 7000 morts. Par chance, André y échappera. Ayant remarqué que les soldats avaient quitté le bateau, André et d’autres déportés décident de s’échapper pour sauver leur vie.

Après avoir passé 13 jours à fond de cale sans manger, ni boire et à dormir debout, chacun leur tour, l’un contre l’autre, contre avec son camarade, André est très affaibli. Il sera recueilli par l’armée anglaise qui lui donnera les premiers soins. Il ne pesait plus que 36 kg. André sera transféré à Paris, à l’hôtel Lutétia. Il reviendra quelques jours plus tard chez mère qui n’avait plus de nouvelles de son fils depuis plus d’un an. Il faudra quelques mois pour qu’André récupère et retrouve une vie normale.