En incarnant les civils dans le spectacle « Le Miroir », les élèves de  3ème du collège Saint-Dominique ont fait face aux vives réactions du Lieutenant Louis Volclair.

Le succès était au rendez-vous au CarréDo pour la présentation du spectacle « Le Miroir » le mardi 18 décembre 2018. Plus d’une centaine de membres de la communauté éducative s’était retrouvée pour assister à la prestation réussie de la quarantaine d’élèves volontaires. Pour commémorer la Grande Guerre, les élèves ont co-construit ce spectacle avant de le présenter au public.

Une collaboration fructueuse

C’est à la suite de la visite de l’Historial à Péronne que plusieurs professeurs se sont associés pour le montage d’un événement sur la Grande Guerre au collège. M. Chevalier, professeur documentaliste, a invité les élèves à s’insérer au processus créatif de la pièce « Le Miroir ». Une collaboration avec un intervenant extérieur, M. Jean-Louis Datour, historien et comédien, a donc été mise en place.

Une scène du quotidien à l’arrière

Théâtre, chant et danse ont émaillé le spectacle qui traitait du décalage entre la vie des soldats et celle des civils à l’arrière, ici dans un café à Paris en 1916. En permission, le Lieutenant Louis Volclair découvre une France divisée : l’une qui se meurt et l’autre qui s’enrichit se divertit au profit des premiers. Au service de l’Etat, les médias deviennent support de propagande. La réalité de la Guerre peut alors échapper à l’arrière, aveuglée naïvement par la désinformation. Et ceux qui savent, doivent se taire, hantés par un ennemi invisible mais omniprésent : la censure. Le titre « Le Miroir » est donc le nom d’un des journaux qui essaie de contourner la censure et le service photographique des armées. Des échanges musclés entre les civils et le Lieutenant ont composé cette scène de 1916. Les élèves ont tenu bon et ont même amené le Lieutenant à faire des confidences qui ont ému le public.

Une riche expérience

« Le Miroir » a permis d’enrichir les domaines artistiques abordés en classe et le plaisir de travailler à un projet créatif commun. Certains élèves ont sélectionné des brèves pouvant s’insérer dans une presse censurée et se sont ensuite entraînés à les déclamer. « Une attention a été portée à la posture corporelle, la diction et l’interprétation. » souligne M. Chevalier. Accompagnés par Mme Angot, professeure d’histoire-géographie, d’autres élèves ont écrit des correspondances de guerre et des plaidoyers pour la paix. Ils ont également réalisé des affiches de propagande en cours de technologie avec M. Testu-Guilloit. « Ça m’a plu. C’était culturellement intéressant. C’est une autre manière de découvrir et d’apprendre l’histoire et de la faire partager à d’autres de manière plus interactive. On voit la vie plus personnelle des gens, c’est plus intime que d’apprendre uniquement les grandes dates. C’est une autre façon de participer à notre devoir de mémoire. L’histoire de M. Datour était intéressante. C’était sympa de se retrouver tous ensemble entre camarades » souligne Alice, 3ème B. Selon Manon, 3ème A, « il y avait un lien avec le cours d’histoire. Mettre en place le spectacle, ça donne envie d’apprendre plus et de rendre hommage aux soldats. Les costumes, les accessoires…ça m’a donné une meilleure idée de la vie des gens à l’époque. On se met dans la peau des personnes et on peut vivre leurs sentiments… Mes parents m’ont dit que c’était un bon engagement de participer à ce spectacle pour apprendre davantage. »

Un défi relevé

La préparation du spectacle n’a duré que trois semaines en tout, ce qui était un vrai challenge pour les élèves. Et ils ont tenu bon !  « Ils ont assuré jusqu’au bout, c’est remarquable ! Même si certains pensaient ne pas y arriver dans ce court délai, ils ont fait confiance au processus créatif. Leur investissement personnel a été frappant. Certains ont même travaillé à la maison pour le carton d’invitation, la danse, le chant, etc. Et ça s’est vu sur scène, certains élèves se sont révélés en chant notamment, ce qui a surpris les parents. » se félicite M. Chevalier. M. Datour, qui a déjà participé à d’autres actions en établissements scolaires, a été agréablement surpris par le professionnalisme des élèves. « Ils y ont mis tout leur cœur, c’est très touchant. Ils m’ont réservé un bon accueil et m’ont apporté de l’aide, vu que j’étais en béquille ce jour-là ! » s’émeut M. Datour.

M. CHEVALIER,

Professeur documentaliste